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Accueil du site> Antidata > L’enfermement
+Vous aimez ? consultez la fiche "Antidata"Préface
à ? l’origine revue électronique de création littéraire, Antidata a finalement décidé de franchir le cap de l’édition papier et de publier un premier recueil de nouvelles.
Pourquoi des nouvelles ?
Pourquoi des nouvelles noires ?
Pourquoi des nouvelles noires sur l’enfermement ?
Il y a autant de réponses que d’auteurs et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous sommes fiers de ce recueil. La nouvelle est un genre en soi, trop souvent méprisé par les éditeurs traditionnels pour son manque de potentiel commercial, plus encore quand il s’agit d’un recueil collectif qu’on ne peut pas abriter derrière le charisme d’une seule personne. Nous pensons que la nouvelle a une place importante à retrouver dans la littérature contemporaine et nous voulons y contribuer. Nous avons donc adapté le modèle de la revue à cette première expérience dans le monde réel : un thème avec un sens large, l’Enfermement, et de bons auteurs. Nous avons pu demander à ces auteurs de faire des textes plus longs que pour la revue, la contrainte de la lecture à l’écran ne se posant plus, et nous avons choisi le Noir pour le double regard qu’il permet, ouvert sur l’extérieur et centré sur un personnage.
Dans un premier temps, nous avons demandé à des auteurs que nous connaissions de participer.
Et puis, paradoxalement, nous avons décidé d’ouvrir ce recueil sur l’enfermement à des auteurs que nous ne connaissions pas du tout. Nous avons bien fait. ’L’Enfer Me Mentâ ? est le fruit de leur travail à tous. Connus ou inconnus, ils ont apporté leur pierre à l’édifice.
Elle était si jolie, de Maud Tabachnik, est l’illustration parfaite d’un homme enfermé qui se raccroche à l’objet de son affection. Un lien qui ne résistera pas à la brutalité du monde.
Au placard !, la nouvelle de Jean-Claude Lalumière, nous montre comment, pour fuir une vie (sexuelle) moribonde, un homme va se retrouver au placard, ou jusqu’où est-on prêt à se laisser enfermer pour sortir du quotidien.
Dans Sans vodka, Christophe Merit dépeint des personnages coincés entre un passé pesant auquel ils pensent ne pas pouvoir échapper et un futur incertain, rêvé, mais tout aussi lourd. Et si leur seul moyen de s’en sortir c’était une balle dans la bouche ?
Olivier Déhenne nous démontre que quand on croule sous le poids de la violence familiale, il ne suffit pas d’avoir La clef pour partir.
Dans Tout à sa place (That’s Allright (Mama)), Eliane K. Arav, crée un récit choral où chaque personnage est prisonnier du regard ou de l’absence de regard des autres.
Déchaîné, de Romain Protat, relate la vie d’un homme qui veut faire sauter ses chaînes et y perdra tout.
Nu, de Dominique Boeno, est l’histoire d’une araignée de 98 ans. Une araignée qui va lentement tisser sa toile de secrets et de mensonges autour d’un journaliste qui cherchait juste une nouvelle voie.
Massa, le texte d’Olivier Salaün, raconte le poids du désespoir. Quand tout un pays devient une prison, qu’il n’y a aucune chance de partir plus loin que la focale d’une paire de jumelles, on ne laisse personne s’en aller et surtout pas ceux qu’on aime.
Il est aussi question d’araignée dans Demain, j’arrête de mourir de Léo Lamarche. Mais celle-ci porte le nom d’anorexie et ne laissera pas s’échapper la jeune fille qu’elle a capturée.
Rodolphe Bléger narre jusqu’où peut mener L’engagement, quand il mène trop loin. Paranoïa ou autodéfense ? Et si finalement c’était la même chose ?
Enfermement physique ou psychologique, enfermement dans le secret ou dans l’exubérance, enfermement du corps et de l’esprit, du corps dans l’esprit et de l’esprit dans le corps, folie, imagination, dépression, amour, sexe, paranoïa, quotidien, placards, salles de bains, histoires personnelles et Histoire du monde ; tous ces murs sont tangibles et les personnages qui traversent ce recueil foncent dedans à toute allure pour mieux leur échapper.
L’évasion. Un des maîtres mots de ce recueil. Que ce soit en focalisant son affection sur un chaton (Elle était si jolie), en choisissant la voie de la destruction (Déchaîné) ou même en s’enfermant dehors (La clef), tous tentent inlassablement de s’enfuir mais c’est souvent pour retomber dans un autre enfermement, un autre piège. De Charybde en Scylla, l’histoire n’est pas nouvelle. Nous la connaissons et pourtant à chaque fois nous tentons quelque chose. Pour avancer, juste pour essayer.
Alors, la recherche de la liberté est-elle une voie sans issue ? Pessimisme, lucidité ; à chacun de juger. Tous nos auteurs ont traité le sujet à leur manière, et le cahier des charges voulait que ce soit noir.
à ?a l’est. Noir, mais pas forcément désespéré.
L’Ã ?diteur
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