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Kéro, Un Reportage Maudit

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Auteur(s) : Plinio Marcos

Editeur(S) : Anacaona éditions

Prix : 14 euros

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Kéro – du nom du héros de ce roman – est un livre coup de poing. Un brûlot qui vous oppresse pendant toute la lecture et dont on a peur qu’il vous brûle les doigts.
Kéro est un fils de pute -littéralement. Livré à lui même dans les rues du port de Santos, il raconte à la première personne la cruauté et la brutalité de la misère urbaine, et le manque de perspectives. Roman ou reportage ? La frontière est floue…
Kéro traite de thèmes encore brûlants dans la société brésilienne (et française) : prostitution, proxénétisme, viol, marginalité sociale, corruption, milieu carcéral, impossibilité d’ascension sociale, délinquance, débat sur l’abaissement de la majorité pénale…
Vous connaissez peut-être le classique Capitaine des sables, de Jorge Amado ? Ce beau roman, qui retrace « l’existence mouvementée, dramatique et poétique à la fois, d’une bande de gamins des rues qui unissent la ruse et l’audace des hommes à l’innocence et au charme des enfants ». Eh bien Kéro, c’est tout le contraire. Ici, pas d’idéalisation de la misère : car oui, la misère est laide, la misère ne se serre pas les coudes. Ici, c’est chacun pour soi. Ce roman Kéro sonne terriblement vrai. Il est vrai que l’auteur, Plinio Marcos, issu d’une famille de banquiers, arrête l’école à 10 ans et fugue à 15 ans. Il devient clown dans un cirque, cartomancien, plombier et vendeur ambulant… Il sera aussi chroniqueur, journaliste, dramaturge et romancier. C’est grâce à son expérience de vie libre et assumée d’adolescent dans sa ville natale de Santos qu’il a pu se mouvoir parmi les bas-fonds et rencontrer les personnages qui peuplent son œuvre : marins, prostituées, « malandros » (voyous), anti-héros peuplant les marges – cet univers dans lequel s’enracine toute son œuvre. À sa sortie, Kéro, un reportage maudit a été salué « roman de l’année 1976″ par le Cercle des critiques d’art de São Paulo(APCA). C’est l’un des romans fondateurs de la littérature marginale brésilienne.

L’auteur
Plínio Marcos (1935-1999), auteur auto-proclamé marginal, est impressionnant : écrivain, acteur, journaliste, dramaturge, ce touche-à-tout a reçu les principaux prix nationaux dont le prix Jabuti (plus haute distinction littéraire brésilienne) dans tous les genres qu’il a embrassés. Il a laissé 29 œuvres derrière lui : romans, pièces de théâtres, nouvelles.
Issu d’une famille de banquiers, il arrête l’école à 10 ans et fugue à 15 ans pour être manutentionnaire dans le port de sa ville natale, Santos. Il devient clown dans un cirque, cartomancien, plombier et vendeur ambulant… Il sera aussi chroniqueur, journaliste, dramaturge et romancier. Il finit dans l’indigence à vendre des livres dans les files d’attente des théâtres et dans la rue pour survivre : choix de vie d’un homme libre et bohème, au franc-parler notoire et indisposé au consensus.
Auteur férocement politique et impoli, son irrévérence lui a valu le surnom de « dramaturge maudit » et une forte répression par la censure, avant et pendant les années de plomb, ainsi qu’une absence prolongée dans le milieu de la culture : impossibilité de jouer dans certains théâtres, invisibilité dans les circuits de diffusion.
Ses expérience sociales et professionnelles dans les bas-fonds de la société brésilienne lui permettent d’écrire une littérature hyper-réaliste, tenant de la chronique. Les marins, les prostituées, les voyous, tous ces anti-héros des marges peuplent son œuvre. Il se surnomme d’ailleurs lui même le « reporter des temps mauvais ».
Ce réalisme littéraire, fortement ancré dans le théâtre, utilise l’oralité comme un ressort stylistique majeur.
Enfin, pour la petite histoire… Marcelino Freire, Ferréz, Rodrigo Ciriaco sont de fervents admirateurs de Plinio Marcos. La génération actuelle d’auteurs de la « littérature marginale brésilienne » y voit un père littéraire, un visionnaire qui a permis à une partie des plumes brésiliennes actuelles d’être ce qu’elles sont aujourd’hui. Plinio Marcos avait donc toute sa place dans la collection Urbana des éditions Anacaona, dont le leitmotiv est « écrire est une arme ».
Les oeuvres de Plinio Marcos ont été adaptées au cinéma et au théâtre, et traduites en plusieurs langues.

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