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Accueil du site> Éditions Antidata > Il y a un trou dans votre CV...
Auteur(s) : Olivier SalaünEditeur(S) : aNTIDATA
Prix : 8 euros
+Vous aimez ? consultez la fiche "Éditions Antidata"
Les gens au projet professionnel élaboré finissent toujours par trouver un emploi. Olivier Salaün, l’auteur de ce recueil, n’a pas encore bien défini son projet professionnel. A sa décharge, il procède par élimination. A ce jour, il sait qu’il ne sera jamais personne-ressource, chasseur de rats, garçon de café, plieur de mouchoirs, ou responsable de la touche W. Il a cependant été sacré champion d’Europe 2006 des entretiens d’embauche et a reçu deux fois le C.V. d’Or (2002 et 2005). Il a regroupé ici vingt-et-une de ses meilleures expériences. Vous y apprendrez l’art de vous présenter et d’adapter votre profil afin de faire face aux besoins d’une entreprise dont vous ignorez les champs d’action, les pièges dont il faut se méfier, les sujets à ne pas aborder ou comment faire un noeud de cravate tout en restant vous-même avec modération.
Vous êtes touche-à-tout et bon à rien ? Vous n’avez aucun projet professionnel ?
Cet ouvrage s’adresse à vous.
L’auteur / l’illustrateur
Olivier Salaün est l’auteur de nombreuses nouvelles, dont plusieurs ont été publiées par aNTIDATA. A travers 21 entretiens d’embauches fictifs et délirants, il épingle sans en avoir l’air les travers du monde du travail.
Philippe Bernard est peintre et illustrateur. Il a collaboré avec le journal Le Monde, la revue Jazzman et les éditions Nathan. Il illustre ici avec finesse et élégance les textes d’Olivier Salaün.
Extrait
L’arôme corsé du garçon de café
— C’est bien d’être jeune et dynamique, mais quelle expérience du poste avez-vous ?
— Aucune. Je débute.
— Avec quelle expérience ?
— Mais je n’ai jamais travaillé. C’est le premier emploi auquel je postule.
— J’entends bien, jeune homme, j’entends bien. Mais c’est un peu gênant. Cela ne renforce pas votre profil.
— Mais... Je pensais que pour un emploi de garçon de café...
— Ah ! Vous sortez de l’université, vous êtes complètement à coté des réalités. Justement jeune homme, justement, n’avez-vous pas remarqué à quel point les garçons de café ont cet air d’avoir été garçons de café depuis des années, depuis toujours, depuis l’origine du monde ? Il se dégage du garçon de café l’arôme du professionnalisme le plus achevé : Il ne pourrait en aucun cas faire autre chose, être autre chose.
— Vous voulez dire que c’est une sorte de qualité ontologique ?
— Si vous voulez. Avez-vous déjà vu un garçon de café retirer son tablier au moment de quitter son service ? C’est troublant. On se dit ma parole, mais que fait-il ? Il faut un certain empire sur soi-même pour ne pas se lever et aller lui chuchoter « je vous en prie rhabillez-vous, qu’est-ce qui vous prend, nous ne sommes pas aux Folies Bergères ! » Et que croyez-vous que pensent les gens du quartier qui le croisent dans la rue ? « Je connais cette tête-làâ ?¦ Mais qui est-ce ? Un acteur ? Un voisin ? Un ancien camarade de classe ? Non. Ce visage est pourtant étrangement familierâ ?¦ Bon sang, le garçon de café ! » Oui, le garçon de café, orphelin, incongru, méconnaissable. Il faut une certaine retenue pour le saluer normalement, sans curiosité ni surprise exagérée, alors qu’on est aussi effaré que si on avait vu passer un méhariste sur une plage de la côte d’azur. Vous comprenez ?
— Ma foi, oui, mais l’annonce ne mentionnait pas que vous recherchiez un individu chevronnéâ ?¦
— Tous les garçons de café que j’ai engagés étaient des garçons de café. Pardonnez-moi d’être tout à fait sincère et de ne pas prolonger inutilement cet entretien, mais vous n’êtes pas garçon de café, et, à l’emploi auquel vous postulez, c’est tout à fait rédhibitoire.
