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Favela Chaos, L’innocence se perd tôt

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Auteur(s) : Ferréz & De Maio

Editeur(S) : Anacaona éditions

Prix : 22 euros

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Après le Manuel pratique de la haine, écrit en solo, Ferréz s’associe au journaliste et dessinateur Alexandre De Maio pour cette bande-dessinée exceptionnelle. Son écriture en rimes, comme un long slam, apporte une vraie poésie et contre-balance la violence des thèmes abordés. Voici un portrait sans Photoshop de la favela de São Paulo.
La criminalité, la corruption de la police, l’argent facile, la misère, l’amour, la solitude… Tous ces thèmes se superposent pour exploser à la figure du lecteur. Comme le dit Ferréz, « A São Paulo, pas la peine de mourir pour être enterrés… La ville t’enterre vivants ».
Il aura fallu six ans aux deux fans de hip hop, à ces deux artistes qui luttent pour plus de justice sociale à travers leur art, pour terminer cette B.D. Un dossier final permet d’en savoir plus sur la genèse de l’oeuvre, et apporte quelques éléments journalistiques, notamment des données sur la violence à São Paulo.

Les auteurs

Fils d’un chauffeur de taxi et d’une domestique, l’écrivain Ferréz, leader communautaire de la favela Capão Redondo à São Paulo confie que la littérature a été pour lui une planche de salut.
Pendant sa jeunesse, il enchaîne les petits boulots sans jamais se séparer des livres, même s’il devait parfois perdre des heures dans les transports en commun pour aller à la bibliothèque la plus proche.
En 1997, il auto-édite son premier livre et c’est en 2000 que le roman Capão Pecado – jeu de mots autour de son quartier, Capão Redondo, qui devient le « Capão du péché » – le révèle au grand public. C’est l’explosion, le livre est vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires [à ce jour, plus de 100 000 exemplaires vendus]. En 2003, le Manuel pratique de la haine l’installe définitivement parmi les écrivains contemporains brésiliens importants.
Ses romans décrivent le quotidien violent de son quartier. Se basant sur des faits et des personnages réels de sa favela, s’imprégnant des thèmes qu’il combat et avec lesquels il cohabite, Ferréz réfléchit dans son œuvre sur le racisme, la pauvreté, la violence et la solitude de l’homme dans la société de consommation.
Ce qui caractérise le style de Ferrez, c’est son travail impressionnant sur la langue, les mots, les sonorités. En cela, il a donc toujours été proche du mouvement culturel hip hop.
Pour lui, vivre à São Paulo, c’est survivre.
Ferréz a créé un nouveau type de littérature, la littérature marginale – faite par les exclus pour les exclus, ceux qui sont en marge du pouvoir central. Entre les nouvelles, les romans, les livres pour enfants, les pièces de théâtre et scripts pour la télé, les bandes-dessinées et les textes de rap, Ferréz fait entendre sous toutes les formes la voix des habitants des grandes périphéries urbaines au Brésil.
Contrairement à de nombreuses célébrités originaires de la favela, Ferrez a décidé, par militantisme, de continuer à y habiter. Et surtout, comme il l’a dit la première fois qu’il est venu en France en 2013 : "Ma plus grande victoire, c’est de revenir dans mon quartier en disant aux gamins que j’ai été à Paris. Ouais, cousin, à Paris, en France. Grâce à la littérature".

Alexandre De Maio est né en 1978 à São Paulo.
Il commence sa carrière de journaliste à 21 ans, en publiant la revue Rap Brasil, qu’il dirige ensuite pendant 10 ans.
En 2006, ce dessinateur-journaliste brésilien, fan de hip hop, publie sa première bande-dessinée, Os inimigos não mandam flores (Les ennemis n’envoient pas de fleurs), avec des textes de Ferréz. C’est le début d’une collaboration de dix ans, qui culmine avec Favela Chaos, l’innocence se perd tôt.
En 2009, il lance le journal Boletim do Kaos (le Bulletin du chaos), sur la littérature marginale/périphérique, lequel est distribué dans les saraus[1] des périphéries de São Paulo. Il fonde le site www.alexandredemaio.com.br, où une grande partie de sa production artistique est en accès libre et gratuit.
À partir de 2010, il publie sur son site du journalisme en bande-dessinées. Il dessine ainsi, pour le plus grand nombre, des grands moments de l’histoire brésilienne, ancienne ou récente, ou s’attelle à certains problèmes de la société comme le SIDA, la prison, les manifestations de 2013, etc. C’est un authentique « vulgarisateur de connaissances ».
En 2012, il publie Favela Chaos au Brésil avec Ferréz.
En 2013, il gagne le Prix Tim Lopes de journalisme d’investigation, pour Meninas em jogo : pendant trois mois, il a parcouru les rues du Ceara pour enquêter sur les réseaux d’exploitation sexuelles des filles, notamment pour la Coupe du Monde.
En 2014, la revue française Courrier International publie sa bande-dessinée sur la Coupe du monde au Brésil. Il réalise également deux campagnes pour Greenpeace, avec sa technique du « journalisme en bande-dessinée ». Enfin, cette même année, il est finaliste du Prix Abril de journalisme.
Depuis 2014, il dessine régulièrement pour les deux plus grands quotidiens du Brésil, la Folha de São Paulo et l’Estadão.

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